Recevoir un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé F ou G peut être un vrai choc lorsqu’on veut vendre. Beaucoup de propriétaires imaginent que leur logement est devenu invendable, qu’ils vont devoir faire des travaux coûteux, ou qu’ils vont forcément subir une forte baisse de prix.

Cette inquiétude est normale : la performance énergétique est devenue un sujet central dans l’immobilier, et le terme « passoire thermique » revient partout. Pourtant, il est important de le dire clairement : un DPE défavorable n’interdit pas de vendre. Ce qu’il change, c’est la manière de vendre, les questions que les acheteurs vont poser, et parfois la stratégie (prix, travaux, audit, présentation du bien).

Le but de cette page est simple : vous aider à comprendre ce que signifie réellement un DPE F ou G dans une vente, quelles sont vos options concrètes, et comment choisir la solution la plus cohérente selon votre situation. Sans jargon inutile, et sans promesse irréaliste.

À retenir tout de suite (si vous êtes pressé)

  • Oui, vous pouvez vendre un bien classé F ou G.
  • Le DPE peut influencer le prix, le délai de vente et la négociation, mais l’impact varie beaucoup selon la zone et le type de bien.
  • Dans certains cas, un audit énergétique doit être fourni en plus du DPE.
  • Les solutions les plus fréquentes : vendre en l’état, faire des travaux ciblés, ou vendre avec audit pour rendre le projet clair.

Comprendre un DPE F ou G avant une vente immobilière

Le DPE est un document qui estime la consommation énergétique d’un logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Il classe le bien de A (très performant) à G (très énergivore). Un logement classé F ou G est souvent associé à une consommation élevée, mais cela peut avoir plusieurs causes :

  • isolation insuffisante (combles, murs, planchers)
  • chauffage ancien ou coûteux
  • ventilation inadaptée
  • menuiseries peu performantes
  • bâti ancien ou configuration atypique

Le point important : le DPE ne résume pas la valeur d’un bien. Emplacement, rareté, superficie, extérieur, état général… tout cela compte énormément. En revanche, un DPE F ou G déclenche des questions et parfois de la prudence chez les acheteurs. L’objectif n’est pas de se justifier, mais de reprendre le contrôle avec une stratégie claire.

Impact d’un DPE F ou G sur une vente (décote, banque, notaire)

1) La décote (parfois), mais surtout la perception

On parle souvent de « décote DPE ». Dans la pratique, elle dépend surtout :

  • de la localisation (zone tendue ou non)
  • du type de logement (maison/appartement)
  • de l’état général (humidité, toiture, électricité, etc.)
  • du niveau de travaux perçu
  • du profil d’acheteurs sur le secteur

Dans une zone très demandée, certains biens classés F/G se vendent correctement si le prix est cohérent et si la présentation rassure. À l’inverse, sur un marché plus calme, un DPE défavorable peut accentuer la négociation.

2) Le délai de vente

Un logement F ou G peut parfois rester plus longtemps en annonce, surtout si :

  • le prix est aligné sur des biens mieux classés,
  • le DPE n’est pas expliqué,
  • les acheteurs n’arrivent pas à se projeter.

À l’inverse, un bien peut se vendre vite malgré un mauvais DPE si le marché est tendu ou si la proposition est claire : « voilà le bien, voilà son prix, voilà les options travaux ».

3) Le financement (banques) et la sécurité de la vente (notaire)

Certaines banques regardent de plus en plus le DPE. Cela ne veut pas dire « refus automatique », mais l’acheteur peut devoir :

  • justifier un budget travaux,
  • adapter son financement,
  • présenter un projet plus solide.

Le notaire, de son côté, veille à la transparence : DPE, audit si obligatoire, et annexes du dossier de diagnostic technique. L’objectif est d’éviter les mauvaises surprises après la signature.

Ce que dit la réglementation (simplement)

Pour les informations officielles, voici des liens externes précis et fiables :

Le DPE doit être tenu à disposition de tout candidat acquéreur dès la mise en vente.

En clair : vous pouvez vendre un logement classé F ou G. Les obligations portent surtout sur la transparence (DPE, dossier de diagnostics, et audit dans certains cas), pas sur une interdiction de vente.

DPE pour vente maison : obligations 2026

Dans la grande majorité des cas, oui. Le DPE fait partie des diagnostics du dossier de vente. Il doit être établi par un diagnostiqueur certifié, et sa validité dépend de sa date d’établissement. En cas de doute, mieux vaut vérifier avant de publier l’annonce et de lancer les visites.

L’audit énergétique avant vente : quand est-il obligatoire et pourquoi ça compte ?

L’audit énergétique est un document plus détaillé que le DPE. Il présente l’état énergétique du logement, propose des scénarios de travaux et aide l’acheteur à se projeter. Dans certains cas (notamment selon le type de bien et son classement), il doit être fourni lors de la vente.

« L’audit énergétique vise à sensibiliser le futur acquéreur aux questions écologiques et énergétiques. »

Source : Service-public.fr (audit énergétique en cas de vente).

Solution n°1 : vendre en l’état (sans travaux)

Vendre en l’état signifie mettre le bien en vente sans réaliser de travaux énergétiques avant. Contrairement à une idée reçue, c’est une stratégie fréquente et parfois très rationnelle.

Quand la vente en l’état est souvent la plus cohérente

  • Vous devez vendre vite (succession, séparation, mutation, besoin de liquidités).
  • Vous ne souhaitez pas gérer un chantier (temps, stress, artisans, aléas).
  • Le bien nécessite de lourds travaux, difficiles à “rentabiliser” avant vente.
  • Le marché local permet une vente malgré le DPE, à condition d’être au bon prix.

Ce qui fait la différence (et évite les visites “pour rien”)

Les acheteurs acceptent mieux un DPE défavorable quand :

  • le prix est cohérent,
  • les points faibles sont assumés,
  • les options de travaux sont expliquées simplement.

Dans beaucoup de ventes, ce n’est pas le DPE qui bloque, c’est le flou. Clarifier, c’est rassurer.

Solution n°2 : faire des travaux ciblés avant de vendre

Faire des travaux peut rassurer et parfois améliorer le DPE, mais ce n’est pas automatique. Le piège classique est de lancer des travaux “dans la panique” sans savoir s’ils seront valorisés au prix de vente.

Les travaux qui ont souvent le plus d’impact (selon le logement)

  • Isolation des combles/toiture : souvent très efficace.
  • Isolation des murs : impact potentiel important, mais plus coûteux.
  • Chauffage : remplacement d’un système ancien, selon l’existant.
  • Ventilation : améliore confort, humidité et cohérence globale.
  • Fenêtres : utile, mais rarement suffisant seul pour “sauver” un DPE.

Quand les travaux avant vente sont généralement pertinents

  • Le bien est bien situé (donc le “surplus” de valeur se défend mieux).
  • Les travaux sont simples, ciblés, maîtrisés (pas de chantier interminable).
  • Le gain attendu est lisible (meilleure note, ou meilleure perception acheteur).
  • Votre calendrier le permet (vous ne vendez pas à 3 semaines).

Quand il vaut mieux rester prudent

Si vous êtes pressé, si le budget est élevé, si le chantier est incertain, ou si vous ne maîtrisez pas la gestion des travaux, la vente en l’état peut rester la solution la plus rationnelle.

Solution n°3 : vendre avec un audit (et un plan clair)

Dans beaucoup de cas, vendre avec un audit (quand il est obligatoire ou même simplement utile) est un excellent compromis : vous ne faites pas forcément les travaux, mais vous donnez à l’acheteur une vision claire. Cela réduit l’incertitude et améliore la qualité des échanges.

Ce que ça change concrètement :

  • moins de questions floues (« ça va coûter combien ? »),
  • une négociation plus cadrée,
  • un acheteur qui se projette plus facilement,
  • une transaction plus sereine (surtout côté notaire).

Solution n°4 : adapter la stratégie de vente (prix, présentation, cible)

Parfois, la solution n’est pas “travaux ou pas travaux”, mais la stratégie globale.

1) Un prix cohérent

Un prix trop élevé rend le DPE “intolérable”. Un prix cohérent, lui, rend le DPE “acceptable” et repositionne l’intérêt sur les atouts du logement (surface, extérieur, emplacement).

2) Une annonce et des visites qui anticipent les objections

Sans noyer l’acheteur dans la technique, il faut éviter le silence total sur le sujet. Une phrase simple du type « DPE F/G – logement ancien – potentiel de rénovation – audit fourni si applicable » peut déjà limiter les visites inutiles.

3) La bonne cible

Certains acheteurs sont naturellement plus ouverts aux biens F/G : profils bricoleurs, acheteurs avec budget travaux, projets de rénovation, etc. L’enjeu est de filtrer correctement plutôt que d’attirer tout le monde.

DPE F ou G : pourquoi deux biens “identiques” se vendent très différemment

Deux logements classés F ou G peuvent avoir des trajectoires opposées. L’un se vend vite, l’autre reste des mois en ligne. Les facteurs clés :

  • tension du marché local,
  • rareté du bien (typologie, secteur),
  • état général (humidité, toiture, entretien),
  • transparence + éléments de réassurance,
  • qualité du prix et de la présentation.

Comment choisir la meilleure option (grille simple)

Il n’existe pas une réponse unique. Le bon choix dépend :

  • du type de bien (maison / appartement),
  • de la zone,
  • de votre calendrier,
  • de votre budget,
  • de votre tolérance au chantier.
Votre situation Option fréquente Avantage principal Point de vigilance
Vente urgente Vente en l’état Rapidité Négociation plus forte
Bien très bien situé Travaux ciblés Meilleure perception Chantier à maîtriser
Incertitude acheteur élevée Vente avec audit Clarté + projection Document supplémentaire
Gros travaux à prévoir Vente en l’état Simplicité Public plus restreint

Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)

  • Penser que c’est invendable : vous perdez du temps et vous paniquez inutilement.
  • Lancer des travaux au hasard : sans stratégie, vous risquez de ne pas les “récupérer”.
  • Ne rien expliquer aux acheteurs : le flou fait plus fuir que le DPE.
  • Mal positionner le prix : c’est souvent le vrai blocage, plus que la note.

En résumé, que faire après un DPE F ou G pour vendre ?

Après un DPE classé F ou G, un propriétaire vendeur peut vendre en l’état, réaliser des travaux ciblés ou vendre avec un audit énergétique. Le bon choix dépend du type de bien, de la localisation, du marché local et des objectifs du vendeur. Un DPE défavorable n’interdit pas la vente mais impose une stratégie adaptée.

Peut-on vendre une maison classée G en 2025 ou 2026 ?

Oui. La vente reste autorisée. L’enjeu est surtout la transparence (DPE valide, et audit si applicable) et une stratégie de vente cohérente.

Est-il obligatoire de faire des travaux avant de vendre ?

Non. La loi n’impose pas de rénover pour vendre. Les travaux sont une option stratégique : utile dans certains cas, inutile dans d’autres.

Le DPE F ou G empêche-t-il l’acheteur d’obtenir un prêt ?

Pas systématiquement. Certaines banques demandent davantage de garanties ou un budget travaux, mais beaucoup de transactions se font encore sur des biens F/G.

L’audit énergétique est-il obligatoire pour vendre un bien classé F ou G ?

Dans certains cas, oui (selon le type de bien et la réglementation applicable). Le plus simple est de vérifier sur les pages officielles (Service-public / France Rénov’).

Vais-je forcément vendre moins cher avec un DPE F ou G ?

Pas toujours. L’impact dépend du marché local et du positionnement du prix. Un logement rare et bien situé peut se vendre correctement malgré un DPE défavorable.

Aller plus loin (liens utiles)

Votre DPE bloque la vente de votre bien ?

Un DPE défavorable ne signifie pas que votre projet est compromis. Selon votre situation, plusieurs solutions existent pour vendre dans de bonnes conditions : vente en l’état, travaux ciblés, vente avec audit et stratégie de présentation.