Votre logement est classé F ou G, et vous vous demandez ce qui sépare vraiment ces deux étiquettes — au-delà d’une simple lettre. La distinction entre DPE F ou G n’est pas qu’une nuance technique : elle change le calendrier des interdictions de location et, souvent, l’ampleur de la décote à la vente. Les deux classes sont des « passoires thermiques », mais elles ne sont pas traitées de la même façon par la réglementation. Cette page compare précisément les deux. Pour la marche à suivre complète, reportez-vous à notre guide pour vendre un bien classé DPE F ou G.
L’essentiel en bref
- F et G sont les deux dernières classes du DPE ; G est la plus défavorable.
- Chaque classe correspond à une plage de consommation : un logement G consomme plus qu’un logement F.
- Interdiction de location : classe G depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, classe F prévue au 1ᵉʳ janvier 2028.
- À la vente, F et G suivent la même logique ; la décote d’un G est souvent un peu plus marquée.
- Un projet de loi 2026 pourrait modifier le calendrier applicable aux F et G — il n’est pas adopté.
F et G : deux passoires, deux niveaux
Les classes F et G sont les deux dernières de l’échelle du DPE, qui va de A à G. Toutes deux désignent des logements énergivores, communément appelés « passoires thermiques » ou logements énergétiquement indécents pour la location.
La différence est une question de degré. La classe G est la plus défavorable : le logement consomme davantage d’énergie et/ou émet plus de gaz à effet de serre qu’un logement classé F. La classe F est juste au-dessus de G — meilleure, mais toujours dans la zone des passoires. Un logement F « de justesse » et un logement G « de justesse » peuvent d’ailleurs être assez proches dans la réalité physique du bâti.
Des seuils de consommation différents
Chaque classe du DPE correspond à une plage de consommation, exprimée en kilowattheures d’énergie primaire par m² et par an, ainsi qu’à une plage d’émissions de gaz à effet de serre. Un logement F consomme beaucoup ; un logement G consomme encore plus, au-delà du seuil de la classe F.
Le classement retient toujours le plus défavorable des deux critères, énergie et GES. Les valeurs exactes des seuils sont fixées par la réglementation et peuvent évoluer — le détail figure sur la page consommation d’un DPE G. Pour situer précisément votre logement, le plus fiable reste de lire l’étiquette et les chiffres indiqués sur votre DPE.
La grande différence : le calendrier des interdictions de location
C’est ici que F et G se séparent nettement. La loi Climat et Résilience interdit progressivement la location des passoires, en commençant par les plus mauvaises :
- Classe G : interdiction de mise en location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.
- Classe F : interdiction prévue au 1ᵉʳ janvier 2028.
- Classe E : interdiction prévue au 1ᵉʳ janvier 2034.
Un propriétaire bailleur d’un logement F dispose donc, en l’état du droit, d’un délai supplémentaire par rapport à un bailleur de logement G. Ce délai n’est pas une raison de ne rien faire : il s’agit d’une fenêtre pour anticiper, rénover ou vendre dans de bonnes conditions.
Le gel des loyers : F et G logés à la même enseigne
Sur un point, F et G sont traités de la même façon : le gel des loyers. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F comme G ne peuvent pas voir leur loyer révisé à la hausse — ni indexation annuelle, ni augmentation à la relocation ou au renouvellement.
Autrement dit, même si le bailleur d’un logement F a plus de temps avant l’interdiction de location, il subit dès aujourd’hui le gel de son loyer. Ce point est souvent oublié dans la comparaison F/G : voir DPE G et augmentation de loyer.
Conséquences sur la vente et le prix
Pour la vente, F et G suivent la même logique : la vente est autorisée dans les deux cas, un audit énergétique est généralement exigé pour une maison ou un immeuble en monopropriété classé F ou G, et une décote est fréquente.
La nuance est dans l’ampleur. À bien comparable, la décote d’un logement G est souvent un peu plus marquée que celle d’un F, car l’acheteur anticipe davantage de travaux et un coût d’usage plus élevé. Mais ce n’est pas une règle automatique : un G bien situé peut mieux se vendre qu’un F mal placé. Voir la décote d’un DPE F ou G.
Audit énergétique : F et G concernés
Concernant l’audit énergétique exigé à la vente, les classes F et G ont été visées en premier : l’obligation s’applique aux maisons individuelles et immeubles en monopropriété classés F ou G depuis le 1ᵉʳ avril 2023. La classe E a suivi début 2025.
Que votre logement soit F ou G, si c’est une maison, anticipez donc cet audit dès le projet de vente. Il ne vous oblige pas à réaliser des travaux : il informe l’acheteur. Pour le détail, voir l’audit énergétique obligatoire à la vente.
Un F peut-il devenir G, ou un G devenir F ?
Oui, dans les deux sens. Un logement peut changer de classe à l’occasion d’un nouveau DPE : après des travaux, l’étiquette s’améliore ; à l’inverse, un changement de méthode de calcul peut la faire évoluer. La réforme 2026 a ainsi fait passer de nombreux logements électriques d’une classe à une autre.
Pour un bailleur, faire passer un logement de G à F ne suffit pas à lever l’interdiction de location : F reste une passoire, interdite à la location à compter de 2028. Pour redevenir librement louable, il faut viser au moins la classe E. C’est un point important dans la stratégie de travaux.
F ou G : la décision dépend surtout de votre situation
Au fond, savoir si l’on est F ou G aide à comprendre le calendrier, mais la décision à prendre dépend surtout de votre situation : occupez-vous le logement, le louez-vous, voulez-vous vendre, dans quel délai, avec quel budget ?
Un bailleur de logement G doit agir vite ; un bailleur de F a un peu de temps mais subit le gel des loyers ; un vendeur, qu’il soit F ou G, peut vendre dès maintenant. Pour choisir, voir DPE G, que faire ? et notre guide pilier sur la vente d’un bien F ou G.
Questions fréquentes — la différence entre DPE F et G
Quelle est la différence entre un DPE F et un DPE G ?
G est la classe la plus défavorable de l’échelle du DPE : le logement consomme davantage d’énergie et/ou émet plus de gaz à effet de serre qu’un logement classé F. F est la classe juste au-dessus de G. Les deux sont des passoires thermiques, mais elles ne suivent pas le même calendrier réglementaire.
La location d’un logement F est-elle déjà interdite ?
Non. L’interdiction de mise en location concerne la classe G depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Pour la classe F, l’échéance prévue est le 1ᵉʳ janvier 2028. Un bailleur de logement F dispose donc d’un délai supplémentaire, mais il subit dès aujourd’hui le gel des loyers applicable aux F comme aux G.
La décote est-elle la même pour un F et un G ?
Pas exactement. À bien comparable, la décote d’un logement G est souvent un peu plus marquée que celle d’un F, car l’acheteur anticipe davantage de travaux et un coût d’usage plus élevé. Mais ce n’est pas automatique : la localisation et l’état du bien pèsent autant que la lettre.
Peut-on vendre aussi bien un F qu’un G ?
Oui. Dans les deux cas, la vente est parfaitement autorisée et suit la même logique : DPE valide, audit énergétique généralement exigé pour une maison ou un immeuble en monopropriété, transparence et stratégie de prix. Aucune interdiction de vente ne pèse sur un logement, qu’il soit F ou G.
Faut-il viser la classe F ou la classe E après travaux ?
Pour redevenir librement louable, viser la classe F ne suffit pas : F reste une passoire, interdite à la location à compter de 2028. Il faut viser au moins la classe E pour sortir durablement des interdictions. C’est un point clé à intégrer dans la stratégie de travaux d’un bailleur.
Un logement peut-il changer de classe entre F et G ?
Oui, dans les deux sens. Un nouveau DPE peut faire évoluer l’étiquette après des travaux, ou à la suite d’un changement de méthode de calcul. La réforme 2026 a ainsi reclassé de nombreux logements chauffés à l’électricité, parfois d’une classe entière.