Mise à jour : septembre 2026

Votre logement est classé F ou G, et vous vous demandez ce qui sépare vraiment ces deux étiquettes — au-delà d’une simple lettre. La distinction entre DPE F ou G n’est pas qu’une nuance technique : elle change le calendrier des interdictions de location et, souvent, l’ampleur de la décote à la vente. Les deux classes sont des « passoires thermiques », mais elles ne sont pas traitées de la même façon par la réglementation. Cette page compare précisément les deux. Pour la marche à suivre complète, reportez-vous à notre guide pour vendre un bien classé DPE F ou G.

L’essentiel en bref

  • F et G sont les deux dernières classes du DPE ; G est la plus défavorable.
  • Chaque classe correspond à une plage de consommation : un logement G consomme plus qu’un logement F.
  • Location (métropole) : un logement G n’est plus considéré comme décent depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 pour les nouveaux baux, renouvellements et reconductions ; la classe F le sera au 1ᵉʳ janvier 2028.
  • À la vente, F et G suivent la même logique ; la décote d’un G est souvent un peu plus marquée.
  • Un projet de loi adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 maintiendrait ce calendrier mais ajouterait des exceptions (contrat de travaux notamment) — texte non définitivement adopté à ce jour (septembre 2026).

F et G : deux passoires, deux niveaux

Les classes F et G sont les deux dernières de l’échelle du DPE, qui va de A à G. Toutes deux désignent des logements énergivores, communément appelés « passoires thermiques » ou logements énergétiquement indécents pour la location.

La différence est une question de degré. La classe G est la plus défavorable : le logement consomme davantage d’énergie et/ou émet plus de gaz à effet de serre qu’un logement classé F. La classe F est juste au-dessus de G — meilleure, mais toujours dans la zone des passoires. Un logement F « de justesse » et un logement G « de justesse » peuvent d’ailleurs être assez proches dans la réalité physique du bâti.

Des seuils de consommation différents

Chaque classe du DPE correspond à une plage de consommation, exprimée en kilowattheures d’énergie primaire par m² et par an, ainsi qu’à une plage d’émissions de gaz à effet de serre. Un logement F consomme beaucoup ; un logement G consomme encore plus, au-delà du seuil de la classe F.

Le classement retient toujours le plus défavorable des deux critères, énergie et GES. Les valeurs exactes des seuils sont fixées par la réglementation et peuvent évoluer — le détail figure sur la page consommation d’un DPE G. Pour situer précisément votre logement, le plus fiable reste de lire l’étiquette et les chiffres indiqués sur votre DPE.

La grande différence : le calendrier des interdictions de location

C’est ici que F et G se séparent nettement. La loi Climat et Résilience fait entrer progressivement la performance énergétique dans les critères de décence d’un logement loué, en commençant par les plus mauvaises classes (calendrier en métropole) :

  • Classe G : logement non décent depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.
  • Classe F : échéance prévue au 1ᵉʳ janvier 2028.
  • Classe E : échéance prévue au 1ᵉʳ janvier 2034.

On parle couramment d’« interdiction de location », mais il s’agit juridiquement d’un critère de décence. Il s’applique aux nouveaux baux, aux renouvellements et aux reconductions tacites : un bail en cours n’est pas interrompu. Aucune amende administrative spécifique n’est prévue ; c’est le locataire qui peut saisir la commission de conciliation ou le juge. En outre-mer, le calendrier est décalé (G au 1ᵉʳ janvier 2028, F au 1ᵉʳ janvier 2031).

Un propriétaire bailleur d’un logement F dispose donc, en l’état du droit, d’un délai supplémentaire par rapport à un bailleur de logement G. Ce délai n’est pas une raison de ne rien faire : il s’agit d’une fenêtre pour anticiper, rénover ou vendre dans de bonnes conditions.

À noter : le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026, maintiendrait ce calendrier mais permettrait qu’un logement F ou G soit réputé décent dans certains cas, par exemple si un contrat de travaux est signé avant 2030. Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale, sans date fixée à la mi-septembre 2026 : il n’est pas définitivement adopté à ce jour et rien ne change tant qu’il n’est pas promulgué.

Le gel des loyers : F et G logés à la même enseigne

Sur un point, F et G sont traités de la même façon : le gel des loyers. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F comme G ne peuvent pas voir leur loyer révisé à la hausse — ni indexation annuelle, ni augmentation à la relocation ou au renouvellement.

Autrement dit, même si le bailleur d’un logement F a plus de temps avant l’interdiction de location, il subit dès aujourd’hui le gel de son loyer. Ce point est souvent oublié dans la comparaison F/G : voir DPE G et augmentation de loyer.

Conséquences sur la vente et le prix

Pour la vente, F et G suivent la même logique : la vente est autorisée dans les deux cas, un audit énergétique est exigé pour une maison ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G (pas pour un appartement en copropriété), et une décote est fréquente.

La nuance est dans l’ampleur. À bien comparable, la décote d’un logement G est souvent un peu plus marquée que celle d’un F, car l’acheteur anticipe davantage de travaux et un coût d’usage plus élevé. Selon l’étude des Notaires de France sur les transactions 2024, une maison classée G s’est vendue en moyenne 25 % moins cher qu’une maison D comparable, et un appartement G 12 % moins cher ; pour la classe F, aucun chiffre fiable n’est disponible à ce jour. Ce sont des moyennes nationales, et ce n’est pas une règle automatique : un G bien situé peut mieux se vendre qu’un F mal placé. Voir la décote d’un DPE F ou G.

Audit énergétique : F et G concernés

Concernant l’audit énergétique exigé à la vente, les classes F et G ont été visées en premier : l’obligation s’applique aux maisons individuelles et immeubles en monopropriété classés F ou G depuis le 1ᵉʳ avril 2023 (en métropole). La classe E est concernée depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Les appartements en copropriété ne sont pas soumis à cet audit : seul le DPE du logement est exigé.

Que votre logement soit F ou G, si c’est une maison, anticipez donc cet audit dès le projet de vente. Il ne vous oblige pas à réaliser des travaux : il informe l’acheteur. Pour le détail, voir l’audit énergétique obligatoire à la vente.

Un F peut-il devenir G, ou un G devenir F ?

Oui, dans les deux sens. Un logement peut changer de classe à l’occasion d’un nouveau DPE : après des travaux, l’étiquette s’améliore ; à l’inverse, un nouveau diagnostic peut aboutir à une étiquette différente de l’ancienne. Les changements de méthode de calcul jouent aussi : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui a amélioré la classe de nombreux logements chauffés à l’électricité, sans en dégrader aucun. Selon les estimations officielles, environ 700 000 à 850 000 logements sont ainsi sortis des classes F et G, selon la base de calcul. Un arrêté publié en août 2026 abaisse encore ce coefficient à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027 : le ministère estime qu’environ 300 000 logements supplémentaires pourraient sortir du statut de passoire. Pas besoin de refaire le DPE : une attestation de nouvelle étiquette se télécharge gratuitement sur l’observatoire de l’ADEME.

Pour un bailleur, faire passer un logement de G à F ne suffit pas : F reste une passoire, qui ne sera plus considérée comme décente pour les nouveaux baux à compter du 1ᵉʳ janvier 2028. Il faut viser au moins la classe E, en gardant en tête que la classe E sera à son tour concernée en 2034 : viser D quand c’est possible donne plus de marge. C’est un point important dans la stratégie de travaux.

F ou G : la décision dépend surtout de votre situation

Au fond, savoir si l’on est F ou G aide à comprendre le calendrier, mais la décision à prendre dépend surtout de votre situation : occupez-vous le logement, le louez-vous, voulez-vous vendre, dans quel délai, avec quel budget ?

Un bailleur de logement G doit agir vite ; un bailleur de F a un peu de temps mais subit le gel des loyers ; un vendeur, qu’il soit F ou G, peut vendre dès maintenant. Si votre bien est en F, voyez comment vendre un logement classé F. Pour choisir, voir DPE G, que faire ? et notre guide pilier sur la vente d’un bien F ou G.

Questions fréquentes — la différence entre DPE F et G

Quelle est la différence entre un DPE F et un DPE G ?

G est la classe la plus défavorable de l’échelle du DPE : le logement consomme davantage d’énergie et/ou émet plus de gaz à effet de serre qu’un logement classé F. F est la classe juste au-dessus de G. Les deux sont des passoires thermiques, mais elles ne suivent pas le même calendrier réglementaire.

La location d’un logement F est-elle déjà interdite ?

Non. En métropole, la classe G n’est plus considérée comme décente depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (nouveaux baux, renouvellements et reconductions). Pour la classe F, l’échéance prévue est le 1ᵉʳ janvier 2028. Un bailleur de logement F dispose donc d’un délai supplémentaire, mais il subit dès aujourd’hui le gel des loyers applicable aux F comme aux G.

La décote est-elle la même pour un F et un G ?

Pas exactement. À bien comparable, la décote d’un logement G est souvent un peu plus marquée que celle d’un F, car l’acheteur anticipe davantage de travaux et un coût d’usage plus élevé. Selon les Notaires de France (transactions 2024), l’écart moyen avec la classe D atteint 25 % pour une maison G et 12 % pour un appartement G ; aucun chiffre fiable n’est disponible pour la classe F. Ce n’est pas automatique : la localisation et l’état du bien pèsent autant que la lettre.

Peut-on vendre aussi bien un F qu’un G ?

Oui. Dans les deux cas, la vente est parfaitement autorisée et suit la même logique : DPE valide, audit énergétique exigé pour une maison ou un immeuble en monopropriété (pas pour un appartement en copropriété), transparence et stratégie de prix. Aucune interdiction de vente ne pèse sur un logement, qu’il soit F ou G.

Faut-il viser la classe F ou la classe E après travaux ?

Pour un bailleur, viser la classe F ne suffit pas : F reste une passoire, qui ne sera plus considérée comme décente pour les nouveaux baux à compter du 1ᵉʳ janvier 2028. Il faut viser au moins la classe E, sachant que E sera à son tour concernée en 2034 : viser D, quand c’est possible, offre plus de marge. C’est un point clé à intégrer dans la stratégie de travaux d’un bailleur.

Un logement peut-il changer de classe entre F et G ?

Oui, dans les deux sens. Un nouveau DPE peut faire évoluer l’étiquette après des travaux, ou à la suite d’un changement de méthode de calcul. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la réforme du coefficient de l’électricité a amélioré la classe de nombreux logements chauffés à l’électricité (environ 700 000 à 850 000 sortis des classes F et G selon les estimations officielles), sans en dégrader aucun. Un nouvel abaissement est prévu au 1ᵉʳ janvier 2027.

Pour aller plus loin