Mise à jour : septembre 2026
Votre logement est classé en DPE classe G — la dernière lettre de l’échelle — et vous voulez comprendre, sans jargon, ce que cela veut dire réellement. La classe G du diagnostic de performance énergétique désigne les logements les plus énergivores : ce que l’on appelle couramment une « passoire thermique ». Mais derrière cette lettre se cachent des seuils précis, deux critères de calcul, et des conséquences concrètes sur la location, la vente et le prix. Cette page fait le tour complet de la question. Si votre projet est de vendre, vous trouverez la marche à suivre dans notre guide pour vendre un bien classé DPE F ou G.
L’essentiel en bref
- La classe G est la dernière de l’échelle du DPE, qui va de A (très performant) à G (très énergivore).
- Le classement retient le plus défavorable de deux critères : la consommation d’énergie et les émissions de GES.
- En métropole, un logement G n’est plus considéré comme décent depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : il ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite.
- La vente d’un logement G reste autorisée, avec un audit énergétique exigé pour une maison ou un immeuble en monopropriété (pas pour un appartement en copropriété).
- La réforme du 1ᵉʳ janvier 2026 a reclassé de nombreux logements électriques, et une nouvelle étape est prévue au 1ᵉʳ janvier 2027 ; une attestation de nouvelle étiquette se télécharge gratuitement auprès de l’ADEME.
Ce que signifie concrètement la lettre G
Le diagnostic de performance énergétique classe les logements de A à G. A désigne les logements très performants, peu coûteux à chauffer et peu émetteurs. G désigne l’inverse : les logements qui consomment beaucoup d’énergie et/ou émettent beaucoup de gaz à effet de serre.
La classe G est la dernière de l’échelle : il n’existe pas de classe « pire ». C’est ce que l’on nomme une passoire thermique ou un logement énergivore. Important : être classé G ne rend pas un logement inhabitable. Cela signifie qu’il est coûteux à chauffer, peu confortable, et que la loi en encadre désormais la mise en location. Mais on peut y vivre, le vendre, l’habiter — la classe G n’est pas un verdict d’insalubrité, c’est un signal de performance énergétique.
Les deux critères du DPE : énergie et GES
Un point essentiel et souvent ignoré : le DPE repose sur deux critères, pas un seul. D’une part la consommation d’énergie (chauffage, eau chaude, etc.), exprimée en kilowattheures par mètre carré et par an. D’autre part les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Le classement final retient le plus défavorable des deux. Autrement dit, un logement peut être classé G à cause de sa consommation, ou à cause de ses émissions, ou des deux. Un logement chauffé au fioul, par exemple, peut afficher une consommation « moyenne » mais des émissions élevées qui le font basculer en G. Le détail des seuils est expliqué sur la page consommation d’un DPE G.
À partir de quels seuils est-on classé G ?
La classe G correspond aux logements dont la consommation dépasse un seuil élevé fixé par la réglementation — de l’ordre de plusieurs centaines de kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré et par an. C’est la tranche la plus haute de l’échelle.
Les valeurs exactes des seuils, en énergie comme en GES, sont fixées par les textes et peuvent évoluer. Plutôt que de retenir un chiffre qui pourrait être périmé, retenez la logique : un logement G consomme beaucoup, le diagnostic le signale clairement, et tout acheteur ou locataire en est informé. Pour situer votre logement, le plus fiable est de lire le DPE lui-même, qui indique la consommation et l’étiquette en toutes lettres.
Classe G et classe F : quelle différence ?
La classe F précède immédiatement la classe G. Les deux sont des passoires thermiques, mais G est la plus défavorable : le logement consomme et/ou émet davantage qu’un logement F.
La différence n’est pas qu’une nuance de calcul : elle change le calendrier réglementaire. En métropole, la classe G n’est plus considérée comme décente pour la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 ; pour la classe F, l’échéance prévue est le 1ᵉʳ janvier 2028. Un bailleur de logement F dispose donc, en l’état du droit, d’un délai supplémentaire. Nous comparons les deux classes en détail sur la page DPE F ou G.
Classe G et location : ce que la loi impose
La conséquence la plus lourde d’un classement G concerne la location. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, en métropole, un logement classé G n’est plus considéré comme décent : il ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite. En outre-mer, cette échéance est fixée au 1ᵉʳ janvier 2028.
Un bail en cours, lui, n’est pas interrompu. Mais à son renouvellement ou à sa reconduction, l’exigence s’applique tant que le logement reste en G. Il ne s’agit pas d’une interdiction assortie d’une amende administrative : c’est un critère de décence, que le locataire peut faire valoir devant la commission de conciliation ou le juge (travaux, réduction ou suspension du loyer, dommages et intérêts). S’ajoute le gel des loyers, qui interdit toute hausse pour les logements F et G. Pour un propriétaire bailleur, ces deux règles cumulées changent profondément l’intérêt de conserver le bien — voir location d’un DPE G.
À surveiller : le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026, maintiendrait ce calendrier mais permettrait qu’un logement G soit réputé décent dans certains cas, notamment si un contrat de travaux est signé avant 2030. Le texte n’est pas définitivement adopté à ce jour (septembre 2026) : il doit encore passer devant l’Assemblée nationale, et rien ne change tant qu’il n’est pas promulgué.
Classe G et vente : ce qui change
Pour la vente, la classe G a trois effets. D’abord, la vente reste autorisée : aucune interdiction ne pèse sur la vente d’un logement G, contrairement à la location. Ensuite, un audit énergétique est exigé pour vendre une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé G (comme pour les classes E et F) ; il ne l’est pas pour un appartement en copropriété. Enfin, une décote est fréquente : selon l’étude des Notaires de France sur les transactions 2024, une maison G s’est vendue en moyenne 25 % moins cher qu’une maison D comparable, et un appartement G 12 % moins cher.
Ce sont des moyennes nationales : l’ampleur réelle de la décote dépend du marché local, du type de bien et de la clarté du dossier. Elle se mesure et se maîtrise : voir la décote d’un logement DPE G.
La réforme 2026 a-t-elle changé la donne ?
En partie. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le mode de calcul du DPE a évolué : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Conséquence, de nombreux logements chauffés à l’électricité ont vu leur étiquette s’améliorer, et aucun logement n’a vu sa classe se dégrader. Selon les estimations officielles, environ 700 000 à 850 000 logements sont sortis des classes F et G sans travaux, selon la base de calcul retenue.
Et ce n’est pas fini : un arrêté publié en août 2026 abaisse encore ce coefficient à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027. Selon le ministère, environ 300 000 logements supplémentaires pourraient sortir du statut de passoire (une estimation, pas un chiffre constaté).
Mais attention à deux points. Le reclassement ne concerne pas les logements chauffés au gaz ou au fioul. Et un DPE réalisé avant 2026 n’est pas modifié automatiquement : inutile pourtant de le refaire. S’il date de juillet 2021 ou après, vous pouvez télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME, avec le numéro du DPE. Cette attestation est facultative et a la même durée de validité que le DPE d’origine. Voir le nouveau DPE 2026.
Que faire avec un logement classé G ?
Comprendre la classe G, c’est bien ; décider, c’est mieux. Selon votre situation, plusieurs voies : vendre en l’état à un prix cohérent ; faire des travaux ciblés pour gagner une lettre ; engager une rénovation plus large ; ou, pour un bailleur, arbitrer entre rénover et vendre.
Le bon choix dépend de votre échéance, de votre budget et du type de bien. Nous avons consacré une page entière à cet arbitrage : DPE G, que faire ?. L’essentiel est de ne pas subir le classement, mais de décider activement de la suite.
Questions fréquentes — la classe DPE G
La classe G est-elle la pire du DPE ?
Oui. G est la dernière lettre de l’échelle du diagnostic de performance énergétique, qui va de A (très performant) à G (très énergivore). Elle désigne les logements qui consomment le plus d’énergie et/ou émettent le plus de gaz à effet de serre. Il n’existe pas de classe inférieure à G.
Un logement classé G est-il habitable ?
Oui. Le classement G ne rend pas un logement inhabitable et n’est pas un verdict d’insalubrité. Il signale une forte consommation d’énergie, un logement coûteux à chauffer et peu confortable. La loi encadre désormais sa mise en location, mais on peut y vivre, l’habiter et le vendre.
Comment sait-on si un logement est classé G à cause de l’énergie ou du GES ?
Le DPE affiche les deux étiquettes séparément : une pour la consommation d’énergie, une pour les émissions de gaz à effet de serre. Le classement final retient le plus défavorable des deux. Un logement chauffé au fioul, par exemple, peut basculer en G surtout à cause de ses émissions.
Quelle est la différence entre un DPE F et un DPE G ?
G est la classe la plus défavorable de l’échelle : le logement consomme et/ou émet plus qu’un logement classé F. La différence change aussi le calendrier : en métropole, la classe G n’est plus considérée comme décente pour la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, contre le 1ᵉʳ janvier 2028 pour la classe F.
Mon DPE G réalisé avant 2026 est-il encore valable ?
Oui, s’il a été réalisé depuis le 1ᵉʳ juillet 2021 : il reste valable 10 ans. En revanche, les DPE réalisés entre le 1ᵉʳ janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Un DPE n’est pas reclassé automatiquement : si votre logement est chauffé à l’électricité, téléchargez gratuitement l’attestation de nouvelle étiquette sur l’observatoire de l’ADEME avant de vendre, sans avoir à refaire le diagnostic.
Peut-on vendre un logement classé G ?
Oui. La vente d’un logement classé G est parfaitement autorisée : aucune interdiction ne la frappe, contrairement à la location. Le vendeur doit fournir un DPE valide et, pour une maison ou un immeuble en monopropriété, un audit énergétique (pas pour un appartement en copropriété). Une décote est fréquente mais se mesure et se maîtrise.