Mise à jour : septembre 2026
Quelles sanctions risque un propriétaire qui loue, ou continue de louer, un logement classé DPE G ? La question est légitime, et la réponse mérite d’être posée sans dramatiser ni minimiser. Contrairement à une idée répandue, aucune amende administrative n’est prévue : le risque, c’est un recours du locataire pouvant aboutir à des travaux imposés ou à une baisse de loyer. Beaucoup de bailleurs concernés préfèrent d’ailleurs sécuriser leur situation en vendant — voir notre guide pour vendre un bien classé DPE F ou G. Cette page détaille précisément ce que vous risquez, et comment l’éviter.
L’essentiel en bref
- Aucune amende administrative n’est prévue pour la location d’un logement G.
- Le risque central est un recours du locataire : le juge peut imposer des travaux ou réduire le loyer.
- En métropole, un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction depuis 2025 porte sur un logement non décent ; un bail en cours n’est pas interrompu.
- Le gel des loyers s’ajoute : aucune hausse possible pour un logement F ou G.
- Sécuriser sa situation passe le plus souvent par la rénovation… ou la vente.
Le point de départ : un logement G n’est plus « décent »
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, en métropole, un logement classé G ne respecte plus le critère de décence énergétique introduit par la loi Climat et Résilience. Ce n’est pas une infraction passible d’une amende : c’est un critère de décence que le logement ne remplit plus. Or, le bailleur a l’obligation de délivrer un logement décent à son locataire. L’exigence s’applique aux nouveaux baux, ainsi qu’aux renouvellements et reconductions tacites à partir de leur échéance. Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), la classe G ne sera concernée qu’à partir du 1ᵉʳ janvier 2028.
De ce manquement découlent les conséquences réelles. La logique du droit du logement n’est pas tant de « punir » le propriétaire que de protéger le locataire et de l’aider à obtenir un logement conforme. C’est pourquoi les sanctions prennent surtout la forme de recours ouverts au locataire, et non d’une pénalité fixe. Pour le cadre général, voir interdiction de location d’un DPE G.
Ce que le locataire peut demander
C’est le cœur du risque. Un locataire qui occupe un logement non décent peut demander au propriétaire la réalisation de travaux de mise en conformité. Si le bailleur ne s’exécute pas, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou directement le juge.
Le juge dispose alors de plusieurs leviers : imposer les travaux dans un délai déterminé, éventuellement sous astreinte (une somme par jour de retard) ; réduire le montant du loyer tant que le logement n’est pas conforme ; dans certains cas, suspendre ou aménager le paiement du loyer. Le locataire peut aussi solliciter des dommages et intérêts s’il a subi un préjudice. Ces décisions s’apprécient au cas par cas, mais elles montrent l’essentiel : un logement G loué expose le bailleur à perdre la main sur son loyer et son calendrier de travaux.
Mettre en location un G aujourd’hui : un risque supplémentaire
Il faut distinguer deux situations. Continuer un bail en cours sur un logement devenu G : le bail n’est pas interrompu. L’exigence de décence énergétique s’applique à son renouvellement ou à sa reconduction tacite ; à partir de cette échéance, le logement est considéré comme non décent et le locataire dispose des recours ci-dessus. Signer un nouveau bail sur un logement G depuis 2025 : là, le logement est non décent dès l’origine du contrat.
Dans ce second cas, le bailleur s’expose plus nettement : le locataire peut agir immédiatement, et la position du propriétaire est juridiquement fragile, puisqu’il a loué un bien qui ne pouvait pas l’être. Proposer un logement G à la location en 2026 n’est donc pas un simple « risque théorique » : c’est s’exposer volontairement à un litige.
Sanctions financières et amende : ce qu’il faut savoir
Méfiez-vous des montants d’amende qui circulent : aucune amende administrative spécifique n’est prévue pour la location d’un logement classé G. La décence énergétique est un critère de décence, pas une interdiction assortie d’une pénalité fixe. Les conséquences financières passent par le locataire et le juge : travaux ordonnés, loyer réduit ou suspendu, dommages et intérêts.
Le cadre pourrait évoluer. Le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026, prévoit que la réduction ou la suspension de loyer ordonnée par le juge tiendrait compte de la diligence du propriétaire et serait plafonnée au surcoût énergétique supporté par le locataire. Ce texte n’est pas définitivement adopté à ce jour (septembre 2026) : il doit encore être examiné par l’Assemblée nationale, et ses dispositions peuvent changer. La prudence consiste donc à ne pas se rassurer avec l’idée qu’« il ne se passe rien » : sans amende, le risque reste réel.
Le gel des loyers : une sanction économique silencieuse
Il existe une « sanction » que beaucoup de bailleurs sous-estiment parce qu’elle ne fait pas de bruit : le gel des loyers. Pour un logement F ou G, le loyer ne peut pas être révisé à la hausse — pas d’indexation annuelle, pas de réajustement à la relocation.
Concrètement, votre revenu locatif est figé pendant que l’inflation et les charges, elles, progressent. Année après année, c’est une perte de pouvoir d’achat locatif bien réelle, qui s’ajoute au risque juridique. Ce mécanisme est détaillé sur la page DPE G et augmentation de loyer. Cumulé à l’interdiction de relouer, il rend la détention d’un logement G de moins en moins intéressante.
Comment se mettre en sécurité
La meilleure protection contre les recours, c’est de ne plus louer un logement non décent. Deux voies claires :
- Rénover pour faire sortir le logement de la classe G : il redevient décent et louable. Le chantier doit être réel et combiner plusieurs postes — voir comment améliorer un DPE G.
- Vendre le bien : la vente d’un logement G est autorisée, sans interdiction ni sanction. C’est souvent la solution la plus simple quand le coût des travaux dépasse ce que la location encadrée peut rapporter.
Continuer à louer en espérant que « personne ne dira rien » est, à l’inverse, la stratégie la plus exposée.
Locataire en place : dialoguer plutôt que subir
Si vous avez déjà un locataire dans un logement devenu G, tout n’est pas conflictuel. Beaucoup de situations se règlent par le dialogue : informer le locataire, présenter un calendrier de travaux réaliste, ou convenir des modalités. Le recours au juge est une possibilité offerte au locataire, pas une fatalité.
En revanche, si vous prévoyez de vendre, sachez qu’un logement occupé peut être vendu loué : l’acheteur reprend le bail. Cela évite d’avoir à gérer un congé et permet de viser des acheteurs investisseurs. Voir vendre un DPE G loué.
Les idées fausses qui exposent les bailleurs
Trois croyances mettent régulièrement les propriétaires en difficulté. Première idée fausse : « tant que mon locataire ne dit rien, je ne risque rien » — dès que le bail a été renouvelé ou reconduit depuis 2025, le recours peut survenir à tout moment. Deuxième idée fausse : « je passe en meublé et le problème disparaît » — le meublé en résidence principale est soumis aux mêmes règles de décence. Troisième idée fausse : « la loi va bientôt changer, j’attends » — le projet de loi logement n’est pas définitivement adopté, et tant qu’il n’est pas promulgué, il ne protège de rien.
La posture prudente est inverse : considérer que le cadre est déjà contraignant, vérifier sa situation réelle, et choisir activement entre rénovation et vente plutôt que d’attendre un contrôle ou un litige.
Questions fréquentes — les sanctions liées à la location d’un DPE G
Y a-t-il une amende si je loue un DPE G ?
Non. Aucune amende administrative n’est prévue pour la location d’un logement G. Le risque passe par le locataire : il peut saisir la commission départementale de conciliation ou le juge, qui peut imposer des travaux, parfois sous astreinte, réduire ou suspendre le loyer, ou accorder des dommages et intérêts.
Un locataire peut-il m’obliger à faire des travaux ?
Oui. Un locataire occupant un logement non décent peut demander la mise en conformité du logement. Si le propriétaire ne réalise pas les travaux, le locataire peut saisir le juge, qui peut alors imposer les travaux dans un délai déterminé, éventuellement assorti d’une astreinte financière par jour de retard.
Le juge peut-il réduire le loyer d’un logement G ?
Oui. Lorsqu’un logement loué est jugé non décent, le juge peut notamment réduire le montant du loyer tant que le logement n’est pas remis en conformité. Il peut aussi aménager le paiement du loyer et, en cas de préjudice, accorder des dommages et intérêts au locataire.
Est-ce plus risqué de signer un nouveau bail sur un logement G ?
Oui. En métropole, signer un nouveau bail sur un logement G depuis 2025 revient à louer un logement non décent dès l’origine du contrat. La position du bailleur est alors particulièrement fragile, puisqu’il a mis en location un bien qui ne pouvait légalement pas l’être. Le locataire peut agir sans attendre.
Puis-je continuer à louer à mon locataire actuel sans risque ?
Un bail en cours n’est pas interrompu. Mais l’exigence de décence énergétique s’applique à son renouvellement ou à sa reconduction tacite : à partir de cette échéance, le logement G est considéré comme non décent et votre locataire peut exercer un recours. Beaucoup de situations se règlent par le dialogue ; informer et planifier des travaux ou une vente réduit ce risque.
Comment éviter toute sanction liée à un DPE G ?
La seule façon d’écarter durablement le risque est de ne plus louer un logement non décent : soit en le rénovant pour lui faire quitter la classe G, soit en le vendant, ce qui est parfaitement autorisé. Attendre une hypothétique évolution de la loi ne protège pas et laisse la situation exposée.