La location d’un logement classé DPE G est, depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, fortement encadrée : un logement étiqueté G n’est en principe plus considéré comme « décent » sur le plan énergétique. Si vous êtes propriétaire bailleur, la vraie question n’est donc plus seulement « puis-je louer ? », mais « que faire de ce bien que je ne peux plus relouer librement ? ». Beaucoup de bailleurs concernés finissent par envisager la vente : c’est pourquoi nous avons consacré un guide complet à la façon de vendre un bien classé DPE F ou G. Cette page fait d’abord le point, calmement et précisément, sur ce que la réglementation autorise réellement en 2026 pour la location d’un DPE G.
L’essentiel en bref
- La mise en location d’un logement classé G est en principe interdite depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (nouveau bail, changement de locataire).
- Un bail déjà en cours n’est pas rompu : le locataire en place reste dans son logement aux conditions du contrat.
- Le loyer d’un logement F ou G est gelé : aucune révision à la hausse, ni à la relocation, ni au renouvellement.
- Un projet de loi discuté en 2026 pourrait assouplir cette interdiction sous engagement de travaux — mais il n’est pas adopté.
- Face à ces contraintes, les options réalistes sont : rénover pour relouer, ou vendre.
Louer un DPE G : ce qui a changé au 1ᵉʳ janvier 2025
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a introduit un critère de performance énergétique dans la définition du logement décent. Concrètement, un logement trop énergivore ne peut plus être proposé à la location. Le calendrier est progressif et part du plus mauvais : la classe G est concernée depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la classe F le sera au 1ᵉʳ janvier 2028, et la classe E au 1ᵉʳ janvier 2034.
Ce qui est visé, c’est la mise en location : signer un nouveau bail, accueillir un nouveau locataire, et selon les situations renouveler un contrat. Autrement dit, depuis 2025, vous ne pouvez en principe plus mettre un logement G sur le marché locatif. La règle ne dépend pas de la date de votre DPE : c’est l’étiquette qui compte. Pour le détail des conséquences et des recours, voir notre page interdiction de location d’un DPE G.
Et si un locataire est déjà en place ?
C’est le point le plus rassurant, et le plus mal compris. Un bail en cours n’est pas annulé parce que le logement est classé G. Votre locataire actuel reste chez lui, aux conditions de son contrat. Vous n’avez pas l’obligation de le faire partir, et lui n’a pas à quitter les lieux.
La contrainte apparaît plus tard : au départ du locataire, vous ne pourrez pas relouer le bien tant qu’il reste classé G. Le logement « se gèle » donc à la fin du bail en cours. À noter : un locataire occupant un logement devenu non décent peut, lui, demander une mise en conformité — un point développé sur la page sanctions liées à la location d’un DPE G. Si vous envisagez de vendre alors que le bien est occupé, lisez aussi vendre un DPE G loué.
Loyer gelé : la contrainte qui s’ajoute à l’interdiction
Avant même l’interdiction de relouer, les passoires thermiques subissent une autre règle : le gel des loyers, en vigueur depuis le 24 août 2022 pour les logements F et G. Concrètement, le loyer d’un logement classé G ne peut pas être révisé à la hausse : ni l’indexation annuelle habituelle sur l’indice de référence, ni une augmentation à la relocation ou au renouvellement du bail.
Pour un bailleur, l’effet est double : le loyer ne suit plus l’inflation, et il ne peut pas être remis à niveau au changement de locataire. Sur plusieurs années, alors que les charges augmentent, la rentabilité s’érode nettement. Nous détaillons ce mécanisme sur la page DPE G et augmentation de loyer.
Existe-t-il des exceptions à l’interdiction ?
Oui, mais elles sont l’exception, au sens strict. Le droit prévoit que certains logements peuvent ne pas pouvoir atteindre le niveau de performance requis pour des raisons indépendantes de la volonté du propriétaire : contraintes techniques, architecturales ou liées au caractère patrimonial du bâtiment (immeuble protégé, par exemple). En copropriété, lorsqu’un copropriétaire a engagé les démarches mais que l’assemblée générale n’a pas voté les travaux nécessaires, des aménagements peuvent aussi être discutés.
Ces cas sont précis, doivent être justifiés et reposent sur des textes susceptibles d’évoluer. Avant de fonder une décision de location sur une exception supposée, il est fortement recommandé de faire vérifier votre situation. Le détail figure sur la page exceptions à l’interdiction de location d’un DPE G.
Le projet de loi 2026 va-t-il rouvrir la location des G ?
Un projet de loi logement présenté au printemps 2026 pourrait assouplir l’interdiction de location des logements F et G, en autorisant leur location sous engagement de travaux dans un délai donné. L’objectif affiché est de remettre sur le marché des logements aujourd’hui bloqués.
Trois précautions s’imposent. D’abord, à ce jour ce texte n’est pas adopté : il s’agit d’un projet en débat. Ensuite, même adopté, il poserait des conditions (notamment de travaux) et non une simple levée de l’interdiction. Enfin, un calendrier législatif peut évoluer dans les deux sens. Conclusion prudente : ne fondez aucune décision de location sur une règle non votée. Si vous voulez suivre l’actualité, consultez nos articles dédiés à la réforme et au projet de loi logement.
Rénover pour relouer : ce que cela suppose vraiment
Première option pour sortir de l’impasse : rénover le logement afin de lui faire quitter la classe G et de pouvoir le relouer. C’est une voie légitime, mais elle se chiffre. Sortir de G suppose en général de combiner plusieurs postes : isolation de la toiture ou des combles, traitement des murs, remplacement d’un chauffage très énergivore, ventilation. Une intervention isolée fait rarement gagner deux lettres.
Le bon calcul de bailleur : comparer le coût total des travaux au gain de loyer attendu — sachant que le loyer reste, lui, encadré. Pour identifier les gestes utiles et leur ordre de priorité, voir comment améliorer un DPE G et financer les travaux d’un DPE G. Si le chantier dépasse ce que la location peut rentabiliser, l’arbitrage penche souvent vers la vente.
Vendre : souvent la solution la plus nette pour un bailleur
Deuxième option : vendre. Pour un bailleur, c’est fréquemment la décision la plus rationnelle quand le logement est durablement bloqué à la location et que les travaux ne sont pas rentabilisables. La vente d’un logement G reste parfaitement autorisée : seule la location est encadrée.
Un logement G se vend à des acheteurs adaptés — investisseurs, marchands de biens, acheteurs à projet — à un prix qui tient compte de la décote. Et si le bien est occupé, il peut être vendu loué : l’acheteur reprend le bail en cours. Vendre permet de transformer un actif contraignant en capital mobilisable, sans engager un chantier incertain.
Location saisonnière, meublé : des « plans B » à examiner sans naïveté
Beaucoup de bailleurs imaginent contourner l’interdiction en passant en location saisonnière ou en location meublée. Soyons précis. Le meublé à l’année, lorsqu’il constitue la résidence principale du locataire, est soumis aux mêmes exigences de décence énergétique que le vide : le statut « meublé » n’exempte de rien (voir location meublée et DPE G).
La location saisonnière relève d’un autre régime, mais elle est de plus en plus encadrée, y compris sur le plan énergétique, et soumise à des règles communales strictes. Ce n’est donc pas une porte dérobée garantie : voir DPE G et location saisonnière. En résumé : ces pistes peuvent dépanner dans des cas particuliers, mais elles ne règlent pas le fond du problème.
Questions fréquentes — location d’un DPE G
Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?
La mise en location d’un logement classé G est en principe interdite depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : vous ne pouvez plus signer de nouveau bail ni accueillir un nouveau locataire dans un logement G. En revanche, un bail déjà en cours se poursuit normalement. La contrainte porte donc sur la relocation et le renouvellement, pas sur le locataire déjà installé.
Mon locataire actuel doit-il quitter le logement ?
Non. Le classement G ne met pas fin à un bail en cours. Votre locataire reste chez lui aux conditions de son contrat. Vous ne pourrez simplement pas relouer le bien après son départ tant qu’il reste classé G. Aucun départ n’est imposé par le seul classement énergétique.
Puis-je augmenter le loyer d’un logement DPE G ?
Non. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F et G font l’objet d’un gel des loyers : le loyer ne peut pas être révisé à la hausse, ni indexé sur l’indice de référence, ni augmenté à la relocation ou au renouvellement du bail. Cette règle s’applique même quand le bail se poursuit.
La location d’un DPE G sera-t-elle de nouveau autorisée ?
Un projet de loi discuté en 2026 pourrait assouplir l’interdiction en autorisant la location des F et G sous engagement de travaux. À ce jour, ce texte n’est pas adopté. Aucune décision de location ne devrait reposer sur une règle non votée : il faut raisonner sur le droit en vigueur.
Que faire d’un logement G que je ne peux plus louer ?
Deux options réalistes existent. Rénover le logement pour lui faire quitter la classe G et pouvoir le relouer, en vérifiant que le coût des travaux est rentabilisable malgré le loyer encadré. Ou vendre le bien, ce qui reste parfaitement autorisé et permet de transformer un actif bloqué en capital.
Peut-on vendre un logement G encore occupé par un locataire ?
Oui. Un logement classé G peut être vendu occupé : l’acheteur reprend alors le bail en cours. C’est même une situation courante, qui intéresse des investisseurs. La vente d’un logement G n’est soumise à aucune interdiction, contrairement à la mise en location.