Mise à jour : septembre 2026
Réponse courte : selon l’étude des Notaires de France sur les transactions 2024, un appartement classé G s’est vendu en moyenne 12 % moins cher qu’un appartement classé D comparable. C’est une moyenne nationale : en pratique, la décote dépend beaucoup de la copropriété (chauffage collectif, travaux votés, charges), du marché local et du profil d’acheteurs. L’objectif : cadrer la négociation avec des éléments concrets.
Vendre un appartement classé DPE G impose des règles différentes de celles d’une maison. La décote n’est pas la même, les objections d’acheteurs ne sont pas les mêmes, et surtout la copropriété joue un rôle déterminant — parfois favorable, parfois pénalisant. Cette page détaille les repères disponibles sur la décote d’un appartement G, les leviers spécifiques à la copropriété et la manière de cadrer la négociation pour ne pas brader votre bien.
Pour le contexte plus large de la décote DPE F ou G toutes typologies confondues, voir notre page décote du prix immobilier avec un DPE F ou G.
Décote d’un appartement DPE G : ordres de grandeur
Le repère le plus solide disponible aujourd’hui est l’étude « La valeur verte des logements en France sur les transactions 2024 » des Notaires de France, publiée fin 2025 – début 2026. Elle indique qu’à caractéristiques comparables, un appartement classé G s’est vendu en moyenne 12 % moins cher qu’un appartement classé D (contre 25 % pour une maison G). Aucune étude portant sur les ventes 2025 n’a été publiée à ce jour (septembre 2026).
Ce chiffre doit être lu avec prudence : c’est une moyenne nationale, calculée « toutes choses égales par ailleurs » et par rapport à la classe D. Sur votre appartement, l’écart réel peut être plus faible ou plus fort. Quelques tendances qualitatives pour cadrer le débat avec un acheteur (repères indicatifs, pas des chiffres officiels) :
- Zones très tendues (grandes métropoles, centres-villes recherchés) : la rareté de l’offre compense souvent en partie le DPE défavorable.
- Zones tendues moyennes (banlieues des grandes villes, métropoles régionales) : l’étiquette pèse davantage dans la négociation.
- Zones détendues (villes moyennes, périphéries) : l’écart peut être nettement plus marqué, surtout si le bien est ancien et que l’acheteur a d’autres options.
À vérifier avant de fixer votre prix : si votre appartement est chauffé à l’électricité, il a pu gagner une classe sans travaux. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, et un nouvel abaissement à 1,7 est prévu au 1ᵉʳ janvier 2027. Si votre DPE date de juillet 2021 ou après, une attestation de nouvelle étiquette se télécharge gratuitement sur l’observatoire DPE de l’ADEME. Pour une estimation adaptée à votre bien, utilisez notre simulateur de décote.
Trois facteurs tendent à amplifier la décote :
- Chauffage collectif au gaz ou fioul (l’acheteur anticipe une explosion des charges).
- Aucun travaux de rénovation énergétique voté en assemblée générale.
- Bien situé dans un immeuble globalement énergivore (DPE collectif F ou G).
À l’inverse, un appartement G dans un immeuble qui a voté des travaux inscrits à son plan pluriannuel (isolation façade, changement chauffage) limite généralement la décote, parce que l’acheteur projette une amélioration future.
Le rôle déterminant de la copropriété
Sur un appartement, le DPE individuel n’a de valeur que dans le contexte de l’immeuble. Trois éléments du dossier de copropriété pèsent sur la décote.
1. Le DPE collectif et le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT). Le DPE collectif est obligatoire, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, pour toutes les copropriétés d’habitation dont le permis de construire a été déposé avant 2013, quelle que soit leur taille. Le PPPT l’est depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 pour toutes les copropriétés d’habitation de plus de 15 ans (sauf si le diagnostic technique global ne prévoit aucun besoin de travaux sur 10 ans). Un immeuble qui dispose de ces documents et a déjà voté des travaux signale aux acheteurs que la trajectoire est claire. Une copropriété sans démarche affichée inquiète davantage et pèse sur la négociation. À noter : le DPE collectif ne remplace pas le DPE de votre appartement, qui reste exigé pour la vente.
2. Le niveau et l’évolution des charges. Un appartement G dans un immeuble aux charges déjà élevées est perçu comme un piège financier. À l’inverse, des charges contenues compensent partiellement le DPE défavorable.
3. Les travaux de copropriété votés ou en cours. Une isolation extérieure votée en AG transforme la perception du bien : l’acheteur sait que, une fois les travaux réalisés, le DPE de l’appartement pourra s’améliorer.
Conseil pratique : avant la mise en vente, rassembler le PV des trois dernières AG, le carnet d’entretien, l’état des charges et toute documentation sur les travaux à venir. Ces éléments sont plus efficaces que n’importe quel argumentaire commercial.
5 leviers concrets pour limiter la décote
- Présenter le PPPT, le DPE collectif et les votes d’AG. Si l’immeuble a une trajectoire de rénovation, c’est un atout commercial majeur. Sortez les documents avant d’attendre que l’acheteur les demande.
- Caler le prix au marché RÉEL des appartements G dans votre quartier. Pas le marché général : le marché G. Comparez avec des ventes effectives sur 6 derniers mois (DVF, MeilleursAgents, agents locaux).
- Anticiper les questions sur les charges. Préparez un récapitulatif clair : montant, répartition (chauffage, eau, syndic, entretien), évolution sur 3 ans.
- Cibler les bons acheteurs. Investisseurs locatifs, primo-accédants prêts à rénover, acheteurs en zone tendue avec budget limité — votre annonce peut être positionnée pour attirer spécifiquement ces profils.
- Documenter le potentiel de rénovation si pertinent. Pour un appartement en copropriété, l’audit énergétique réglementaire n’est pas exigé à la vente : seul le DPE du logement l’est. Une étude ou des devis commandés volontairement peuvent toutefois rassurer un acheteur indécis sur ce qui est faisable à l’échelle du logement.
Pour le détail des stratégies de vente plus larges, voir notre guide pilier vendre un bien classé F ou G.
Les 3 points qui changent tout en copropriété
- Travaux de copro (votés / à venir) et impact sur le DPE.
- Charges et chauffage : objection #1 des acheteurs.
- Financement : certaines banques intègrent le DPE et le niveau des charges à leur analyse (une pratique, pas une règle).
Comment réduire la décote sans “tout refaire”
- Transparence : docs copro + charges + historiques.
- Positionnement prix cohérent avec la classe énergétique.
- Argumentaire simple + vente en l’état si nécessaire.
Les pièges à éviter quand on vend un appartement G
- Sous-estimer la décote. Afficher un appartement G au prix d’un appartement D du même quartier expose à un délai de vente qui s’allonge et à une négociation en bout de course encore plus défavorable.
- Cacher l’état réel de la copropriété. L’acheteur consultera de toute façon les PV d’AG via son notaire. Mieux vaut anticiper qu’être pris en flagrant délit d’omission.
- Refuser de baisser tant qu’aucune offre n’arrive. Plusieurs semaines sans visite signalent le plus souvent un problème de prix, pas de DPE. Le marché parle vite quand il s’exprime.
- Compter sur « le bon acheteur amoureux du bien ». Sur un appartement G, l’acheteur émotionnel est rare. La majorité des transactions se font avec des acheteurs rationnels qui calculent la décote.
- Ignorer la dimension banque. Aucune règle n’interdit de financer un bien classé G, mais certaines banques intègrent le DPE à leur analyse : un acheteur mal préparé peut rencontrer des difficultés. Voir banque refuse crédit DPE G.
Sources pour la décote des appartements
FAQ – Décote appartement DPE G
Combien perd un appartement classé G à la vente ?
Selon l’étude des Notaires de France sur les transactions 2024, un appartement classé G s’est vendu en moyenne 12 % moins cher qu’un appartement classé D comparable. C’est une moyenne nationale : l’écart réel varie selon la zone, le profil de la copropriété et le marché local.
Le chauffage collectif est-il pénalisant pour un appartement G ?
Oui, surtout s’il est au gaz ou au fioul. L’acheteur anticipe des charges qui peuvent augmenter avec les hausses de prix de l’énergie. Le chauffage électrique individuel est généralement mieux perçu, malgré son coût.
Un plan pluriannuel de travaux voté améliore-t-il le prix de vente ?
Il aide généralement. Un plan de travaux clair, avec des travaux effectivement votés, signale aux acheteurs une trajectoire d’amélioration du DPE et limite la décote. Aucune étude publique ne permet toutefois d’en chiffrer l’effet de façon fiable.
Faut-il commander un audit énergétique pour un appartement G ?
Non, pas pour un appartement en copropriété : l’audit énergétique réglementaire à la vente concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété. Seul le DPE du logement est exigé. Une étude commandée volontairement peut toutefois être un argument commercial sur un bien qui a un fort potentiel de rénovation à l’échelle du logement seul.
Quels acheteurs s’intéressent aux appartements DPE G ?
Investisseurs locatifs (avec calcul de rendement), primo-accédants à budget limité, acheteurs en zone tendue qui n’ont pas de meilleure option, marchands de biens, parfois des familles élargies cherchant à rénover.
Combien de temps pour vendre un appartement G ?
Il n’existe pas de statistique officielle sur ce point. En pratique, le délai dépend surtout du prix : un appartement G correctement positionné et bien documenté trouve preneur dans des délais proches du marché local, alors qu’un prix mal calibré ou une copropriété en mauvais état peuvent allonger fortement la vente.
L’interdiction de location DPE G impacte-t-elle la vente ?
Indirectement oui. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, un logement G n’est plus considéré comme décent en métropole pour un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction. Les investisseurs locatifs sont donc plus prudents sur un G non rénové et intègrent un coût de rénovation dans le prix d’achat. Un projet de loi adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 pourrait assouplir ces règles, mais il n’est pas définitivement adopté à ce jour (septembre 2026). Voir interdiction de location DPE G.
Mon appartement est en monopropriété, est-ce différent ?
Oui, sensiblement. Un immeuble en monopropriété est traité comme une maison sur le plan réglementaire : sa vente, s’il est classé E, F ou G, impose un audit énergétique. Le DPE collectif et le plan pluriannuel de travaux, eux, concernent les copropriétés. La décote y est moins amortie par la dynamique collective d’une copropriété.
Conclusion : la copropriété, votre alliée comme votre frein
La décote d’un appartement DPE G est en moyenne moins forte que sur une maison (12 % contre 25 % par rapport à la classe D selon les Notaires de France, transactions 2024) et se gère mieux, à condition de bien lire le contexte de la copropriété. Une copropriété active, transparente, avec un plan travaux voté limite considérablement l’impact du DPE individuel. Une copropriété passive, mal documentée, charges qui montent, accentue la décote.
Avant la mise en vente, prenez le temps de rassembler les documents qui parlent en votre faveur. Si vous voulez un avis sur votre situation spécifique :