Publié le 14 octobre 2026

Isolation, chauffage, fenêtres : tous les travaux ne se valent pas pour améliorer un mauvais DPE, rappelait Sud Ouest ce 14 octobre. C’est vrai, et il faut ajouter une chose : « valoir le coup » n’a pas le même sens pour tout le monde. Si vous gardez votre logement, l’enjeu est la facture. Si vous le louez, c’est la classe inscrite sur le DPE. Et si vous envisagez de vendre un bien classé F ou G, l’enjeu est de ne pas dépenser plus que ce que l’acheteur paiera en plus. Voici comment trier, avec les chiffres disponibles à la mi-octobre 2026.

Pourquoi la question revient cet automne

Trois actualités se croisent. Le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie a augmenté d’environ 6 % au 1er octobre : la facture de chauffage redevient un sujet. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté début octobre, prévoit de resserrer encore MaPrimeRénov’. Enfin, le 1er janvier 2027, le DPE comptera l’électricité de façon plus favorable, ce qui peut faire gagner une classe à certains logements sans aucuns travaux.

Résultat : avant de signer un devis, il vaut la peine de savoir précisément ce que vous cherchez à obtenir.

Trois projets, trois priorités différentes

Votre projet Ce qui compte Travaux à regarder en premier Le piège
Vous restez La facture réelle et le confort Le chauffage (surtout au gaz ou au fioul), puis l’isolation du poste qui perd le plus Changer les fenêtres en premier
Vous louez La classe inscrite sur le DPE Chauffage et eau chaude, combles, ventilation Des travaux utiles mais qui ne font pas changer de lettre
Vous vendez Ce que l’acheteur paiera en plus Souvent rien de lourd : remise en état, entretien, dossier complet La rénovation lourde « pour mieux vendre »

Si vous restez : ce qui baisse vraiment la facture

Les économies réelles sont souvent plus modestes que les promesses. Une étude Hello Watt publiée en juillet 2026, fondée sur les relevés de compteurs de 2 500 logements, l’illustre bien :

  • remplacer une chaudière gaz par une pompe à chaleur air-eau a réduit la consommation de chauffage d’environ 62 % en moyenne ;
  • isoler les murs d’un logement chauffé au gaz : environ −16 % ;
  • isoler les combles : environ −6 à −7 % ;
  • changer les fenêtres : environ −3 à −5 %.

Le service statistique du ministère avait fait le même constat en 2025 : les économies mesurées après travaux sont nettement inférieures aux économies calculées sur le papier. Cela ne veut pas dire que l’isolation est inutile. Cela veut dire qu’il faut viser le bon poste.

Et ce poste dépend de votre logement. Dans une maison ancienne jamais isolée, le toit peut représenter 25 à 30 % des pertes de chaleur, selon l’ADEME. Mais dans une maison d’avant 1974 « moyenne », dont les combles ont souvent déjà été traités, l’ADEME place désormais en tête les murs (environ 31 %) et l’air qui s’échappe (environ 27 %), loin devant le toit. Votre DPE, et l’audit énergétique si vous en avez un, indiquent les postes à traiter en priorité dans votre cas.

Si vous louez : ce qui fait changer de classe

Le DPE n’est pas votre facture : c’est un calcul conventionnel. Il pèse fortement le système de chauffage et la production d’eau chaude, en plus de l’isolation. Deux conséquences pratiques :

  • Le chauffage est souvent le levier le plus efficace sur l’étiquette. Passer du gaz ou du fioul à une pompe à chaleur fait souvent gagner une à deux classes, parfois davantage depuis le fioul. Ce sont des ordres de grandeur : chaque logement est différent.
  • Les fenêtres font rarement changer de lettre. Nous détaillons pourquoi dans notre page sur le DPE G malgré le double vitrage.

N’oubliez pas la double étiquette : la classe retenue est la moins bonne des deux notes, énergie et climat. Un logement chauffé au fioul peut rester en G à cause de ses émissions, même après une bonne isolation.

Avant tout chantier, vérifiez aussi votre étiquette actuelle. Si votre logement est chauffé à l’électricité, il a pu gagner une classe au 1er janvier 2026, et il peut encore en gagner une avec le coefficient de 1,7 prévu en 2027. L’attestation de mise à jour est gratuite sur l’observatoire de l’ADEME. Pour le détail des travaux qui font gagner une lettre, voyez notre guide comment améliorer un DPE G.

Côté calendrier, rien n’a changé à ce jour : un logement G n’est plus décent depuis le 1er janvier 2025 pour un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction, et la classe F sera concernée en 2028. Le projet de loi logement adopté par le Sénat en juillet assouplirait ces règles sous engagement de travaux, mais l’Assemblée nationale ne l’a pas encore voté : ce texte n’est pas adopté et ne s’applique pas.

Ce que les aides financent encore (octobre 2026)

C’est le point qui a le plus bougé. Pour les dossiers MaPrimeRénov’ déposés depuis le 1er septembre 2026 :

  • Parcours « par geste » : il finance surtout la pompe à chaleur (air-eau ou géothermique) et le raccordement à un réseau de chaleur. L’isolation, les fenêtres, la ventilation et le chauffe-eau thermodynamique n’y figurent plus.
  • Rénovation d’ampleur : réservée aux logements E, F ou G, avec un gain d’au moins deux classes et un accompagnateur obligatoire. Dans une maison individuelle, elle exclut désormais de conserver ou d’installer un chauffage au gaz ou au fioul. Voir notre article sur MaPrimeRénov’ et le chauffage au gaz.
  • Éco-prêt à taux zéro : sans condition de ressources, disponible jusqu’au 31 décembre 2027. Il peut financer des travaux qui ne sont plus aidés par MaPrimeRénov’.

Pour 2027, le projet de budget prévoit de réduire les crédits et de supprimer le parcours par geste, les pompes à chaleur étant alors financées par les certificats d’économies d’énergie. Ce n’est qu’un projet, pas encore voté : les règles peuvent encore changer. Vérifiez votre situation auprès d’un conseiller France Rénov’ avant de signer.

Pour fixer les idées, voici des ordres de grandeur de prix relevés en 2026 par des comparateurs, hors aides et très variables selon le logement :

Travaux Ordre de grandeur (posé, hors aides)
Isolation des combles perdus 15 à 50 € par m²
Isolation des murs par l’extérieur 120 à 270 € par m²
Pompe à chaleur air-eau 9 000 à 16 000 €
Chauffe-eau thermodynamique 2 000 à 5 000 €
VMC simple flux hygroréglable 2 000 à 3 500 €
Fenêtre double vitrage (PVC) 400 à 1 200 € l’unité

Rénover ou vendre en l’état ? Comparez les deux chiffres.

Décrivez votre logement via le formulaire de contact : nous vous aidons à mettre en regard le coût des travaux et le scénario d’une vente en l’état.

Si vous vendez : le seul calcul qui compte

Un logement mal classé se vend moins cher, c’est mesuré. Selon l’étude des Notaires de France sur les ventes de 2024, une maison classée G s’est vendue en moyenne 25 % moins cher qu’une maison classée D comparable, et un appartement G 12 % moins cher. Ce sont des moyennes nationales : l’écart varie beaucoup selon le marché local.

Mais aucune étude ne montre qu’un gain de classe se revend euro pour euro. Un acheteur raisonne en budget global : prix d’achat plus travaux. Pour une maison, il a d’ailleurs en main l’audit énergétique, qui chiffre les scénarios de travaux. Il négociera sur cette base, que vous ayez commencé le chantier ou non.

En pratique, trois situations se dégagent :

  • Votre logement est juste au-dessus d’un seuil : un geste ciblé (souvent le chauffage ou l’eau chaude), ou simplement l’attestation au nouveau coefficient en 2027, peut suffire à changer de lettre. Ça vaut la peine de vérifier.
  • Il faut gagner deux classes ou plus : chantier long, aides en recul, résultat incertain. Vendre en l’état à un prix qui tient compte des travaux est souvent plus simple.
  • Dans tous les cas, les petits travaux qui rassurent (humidité, ventilation, entretien du chauffage) et un dossier complet coûtent peu. Nous les listons dans notre page travaux minimum avant de vendre.

Pour estimer l’écart de prix sur votre propre bien, vous pouvez utiliser notre simulateur de décote DPE, puis le comparer à un ou deux devis.

Notre cadre.

Nous aidons les propriétaires de logements F ou G à choisir entre rénover et vendre. Nous ne sommes ni un installateur ni un guichet d’aides : pour les montants et conditions, référez-vous à France Rénov’ et à un professionnel qualifié.

Questions fréquentes

Quels travaux font gagner le plus de classes au DPE ?

Le changement de chauffage est souvent le levier le plus fort, surtout en quittant le fioul ou le gaz pour une pompe à chaleur. L’isolation des combles et des murs suit, selon l’état du logement. Le gain exact dépend de chaque logement : seul un nouveau DPE ou un audit peut le confirmer.

Changer ses fenêtres améliore-t-il le DPE ?

Rarement assez pour changer de lettre. Les fenêtres représentent une part limitée des pertes de chaleur, et elles ne sont plus aidées par MaPrimeRénov’ pour les dossiers déposés depuis le 1er septembre 2026.

Faut-il faire des travaux avant de vendre un logement F ou G ?

Ce n’est pas obligatoire : aucun texte n’interdit de vendre un logement F ou G. Des travaux lourds se récupèrent rarement en totalité sur le prix. Un geste ciblé peut valoir le coup si le logement est proche d’un seuil. Sinon, vendre en l’état à un prix ajusté est souvent plus simple.

Quelles aides restent pour les travaux en octobre 2026 ?

MaPrimeRénov’ finance surtout la pompe à chaleur en parcours par geste et les rénovations d’ampleur d’au moins deux classes. L’éco-prêt à taux zéro reste disponible jusqu’à fin 2027. Le budget 2027 en projet pourrait encore changer ces règles : vérifiez auprès de France Rénov’.

Pour aller plus loin