Mise à jour du 15 septembre 2026 : deux précisions depuis la publication. D’abord, la base du raisonnement a changé : la dernière étude des Notaires de France (ventes 2024) ne donne pas « 15 à 20 % » de décote, mais un écart moyen de 25 % pour une maison classée G et de 12 % pour un appartement classé G, par rapport à un logement D comparable. Ensuite, un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août, abaisse encore le coefficient de l’électricité, de 1,9 à 1,7, au 1er janvier 2027 : selon le ministère, environ 300 000 logements supplémentaires pourraient sortir du statut de passoire (estimation). Pour vérifier la classe de votre bien, l’attestation de l’ADEME est gratuite ; pour la suite, notre guide pour vendre un bien classé F ou G fait le point.
Depuis la réforme du DPE entrée en vigueur le 1er janvier 2026, un chiffre circule beaucoup : certains logements gagneraient « 18 à 25 % de valeur » sans le moindre travaux. Pour un propriétaire d’un bien classé F ou G, l’information est forcément attirante. Mais avant d’en tirer des conclusions sur le prix de vente, il faut comprendre d’où vient ce chiffre — et ce qu’il ne dit pas. C’est exactement le genre de nuance que nous détaillons tout au long de notre guide pour vendre un bien classé F ou G.
D’où vient ce chiffre de 18 à 25 % ?
Nous n’avons identifié aucune source officielle pour cette fourchette. Le raisonnement repose sur les observations des notaires sur la valeur verte. Selon leur dernière étude, qui porte sur les ventes de 2024, une maison classée G s’est vendue en moyenne 25 % moins cher qu’une maison classée D comparable, et un appartement classé G 12 % moins cher. Cette différence de prix porte un nom : la décote liée au DPE. Pour la classe F, aucun écart fiable n’est disponible à ce jour.
L’idée est simple : si la réforme fait sortir un logement du statut de passoire, il pourrait, en théorie, récupérer une partie de cette décote. D’où la fourchette de revalorisation avancée. Mais attention : les 25 % mesurent l’écart entre une maison G et une maison D, soit trois classes d’écart. Un logement qui passe de G à F grâce au nouveau calcul ne franchit qu’une de ces trois marches. Et une revalorisation « théorique » et un prix réellement signé chez le notaire sont deux choses différentes.
Pourquoi ce gain n’a rien d’automatique
Trois conditions doivent être réunies pour qu’un propriétaire profite réellement de cet effet :
- Le logement doit changer de classe. La réforme avantage surtout les biens chauffés à l’électricité : le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, et doit passer à 1,7 au 1er janvier 2027. Un logement au gaz ou au fioul n’en tire généralement aucun bénéfice.
- Le changement doit être constaté. Un DPE établi avant 2026 garde l’étiquette imprimée à l’époque, tout en restant valable s’il date d’après le 1er juillet 2021. Pas besoin de refaire le diagnostic : une attestation de nouvelle étiquette se télécharge gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Nous l’expliquons en détail dans notre article DPE réalisé avant 2026 : toujours valable, mais son étiquette a pu changer.
- Le marché doit suivre. Une étiquette améliorée est un argument, pas une garantie de prix. L’état réel du bien, son emplacement et la demande locale comptent autant.
Quel est le gain réaliste pour votre bien ?
Testez une première estimation avec notre simulateur de décote DPE, ou décrivez votre situation via le formulaire de contact.
Revalorisation potentielle ≠ prix de vente garanti
C’est le point à retenir. Récupérer « une partie » de la décote mesurée par les notaires ne signifie pas que votre bien vaudra automatiquement 20 ou 25 % de plus. Cela signifie qu’un acheteur aura un argument de moins pour négocier à la baisse.
Sur le terrain, un logement reclassé de G à F, ou de F à E, reste un bien à rénover aux yeux de l’acheteur. La réforme améliore votre position de départ dans la négociation — elle ne transforme pas la nature du logement.
Faut-il vendre maintenant pour en profiter ?
Il n’y a pas de réponse unique. Si votre logement est chauffé à l’électricité et proche d’une limite de classe, faire apparaître le nouveau classement avant la mise en vente peut être un vrai atout : l’attestation actuelle est gratuite, et une attestation au coefficient 1,7 devrait pouvoir être téléchargée à partir du 1er janvier 2027. Si votre bien reste en F ou G malgré la réforme, mieux vaut raisonner sur les chiffres réels du marché plutôt que sur une fourchette médiatique. Vendre reste possible : aucun texte n’interdit de vendre un logement classé F ou G.
Dans tous les cas, la bonne démarche est la même : connaître la classe à jour de votre logement, estimer la décote réelle, et décider ensuite.
Notre cadre.
Nous informons et orientons les propriétaires de logements F ou G. Nous ne garantissons aucun prix de vente et ne remplaçons pas l’estimation d’un professionnel ni l’avis d’un diagnostiqueur certifié.
Questions fréquentes
Mon logement a-t-il vraiment pris 25 % de valeur en 2026 ?
Pas automatiquement. Le chiffre de 18 à 25 % est une revalorisation théorique, sans source officielle identifiée, valable au mieux si le bien change réellement de classe, que le changement est constaté et que le marché local le confirme.
La réforme profite-t-elle à tous les logements F et G ?
Non. Elle avantage surtout les logements chauffés à l’électricité. Un bien chauffé au gaz ou au fioul, ou très mal isolé, n’en tire généralement aucun gain de classe.
Dois-je faire constater le nouveau classement avant de vendre ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent utile si votre logement est concerné : un DPE réalisé entre juillet 2021 et fin 2025 reste valable mais affiche l’ancienne étiquette. L’attestation de nouvelle étiquette de l’ADEME est gratuite et permet de présenter la bonne classe dès l’annonce.



